Sur l’origine de la domination masculine : avant les premiers hommes ?

En lisant le travail de Françoise Héritier exposé dans Masculin/Féminin, m’est venue cette question : et si la domination masculine prenait son origine avant la première conscience humaine, dans son histoire animale ? Qu’en est-il des rapports entre mâles et femelles chez nos ancêtres simiesques ?

Rappelons que Françoise Héritier, avec la plupart des anthropologues, estime que toutes les sociétés humaines connues (par ce qu’il reste de société tribales isolées ou étudiées avant qu’elles soient déculturées par le contact avec notre civilisation) sont marquées par la domination masculine. Bien sûr, il y a des variantes de ce système. Il y a en fait quelques systèmes de parenté typiques, qui se retrouvent dispersés sur les continents, ce qui démontrerait que les hommes ont été confrontés aux mêmes questions, mais qu’ils ont eu quelques solutions-types différentes, structurales, toutes satisfaisantes à leurs yeux. Mais il n’y a pas de sociétés matriarcales. Il y a quelques sociétés matrilocales, mais ce sont encore les hommes (les frères plutôt que les maris) qui dirigent ces clans.

Ce qui amène Françoise Héritier à conclure que la domination masculine est un choix porté à l’aube de l’humanité, sur base de conclusions primitives tirées par les hommes de ce qu’ils déduisaient du fait que les femmes (et rien qu’elles) procréent des filles mais aussi des garçons, suite à une copulation. Mais cette conclusion de Françoise Héritier paraît un peu obscure, hasardeuse et circulaire : pourquoi seuls les hommes auraient-ils posé la question et donné des réponses, s’ils n’étaient dominants auparavant ? D’où ma question posée au début : et si la domination nous provenait déjà de nos ancêtres simiesques et était préexistante à notre conscience ?

La lecture du livre Premiers hommes, de Pascal Picq (Flammarion 2016), une référence qui m’a été signalée par ma compagne, est venue bien à point pour éclaircir ce questionnement. Ce livre est très instructif sur les derniers développements de la paléo-anthropologie. Il est donc passionnant.

(Mais il est d’une écriture un peu foisonnante, d’un phrasé difficile à ingurgiter, d’une structure même pas tout à fait pédagogique, il faut le dire ; alors qu’il s’adresse au grand public, est résolument non-technique et donc accessible. Je signale d’ailleurs que j’ai un peu charcuté les citations de ce livre, notamment par la ponctuation, les « listes à puces », l’inversion des phrases et des paragraphes, pour les rendre plus immédiatement intelligibles, tout en respectant fortement le contenu de chaque phrase.)

Expliquons en deux mots la démarche nouvelle de la paléo-anthropologie, telle qu’elle est racontée par l’auteur en détail. On a longtemps cherché nos ancêtres parmi les singes que nous côtoyons aujourd’hui sur la planète. On s’était pour l’essentiel focalisé sur les grands singes qui nous ressemblent, et qui sont en voie de disparition. Or il faut en réalité remonter dans l’évolution des singes à travers les millénaires pour comprendre de qui proviennent les singes qui règnent par le nombre aujourd’hui : les babouins et macaques sont en réalité les récents rejetons d’une espèce de singes (les singes à queue) qui est apparue distincte très tôt, en même temps que se sont distingués les singes ‘hominoïdes’ (et sans queue), et qui a supplanté au cours de millions d’années les singes qui étaient plus proches de nous (gibbons, orangs-outangs, gorilles, chimpanzés-bonobos), au point de les faire presque disparaître. Et les grands singes sont loin d’être les meilleurs témoins de ce qu’étaient nos ancêtres communs : malgré une ressemblance superficielle, ils sont plutôt aujourd’hui une évolution inadaptée, trop grande et lourdaude, de singes restés accrochés à la vie dans les arbres. Au lieu donc de rechercher à remonter la généalogie de l’espèce humaine à partir de nous, il faut faire un bond (je passe ici les périodes de l’apparition des primates, puis cette des singes modernes anthropoïdes) dans une période très éloignée (de 23 à 5,5 millions d’années – lisez : 23.000 à 5.500 millénaires, c’est pour moi plus concret). Et, de là, chercher à comprendre ce qui a amené ces espèces simiesques à des évolutions divergentes qui s’expliquent surtout par le milieu de vie. En deux mots, on peut dire que l’homme (le futur homme) a préféré quitter la forêt et choisir la course, la fuite dans la savane – plutôt que survivre accroché à la cime des arbres, la « canopée » ; et que ce choix a largement, mais si lentement, déterminé son évolution physique (il adopte la bipédie) et sociale ( en groupes multimâles/multifemelles).

On abandonne donc, si je peux l’exprimer ainsi, la perspective comparatiste (le propre de l’homme, comparé au singe contemporain le plus ressemblant) pour une perspective évolutionniste (le récit des divergences et de leurs explications probables, la construction hasardeuse de l’être humain à travers une histoire). C’est évident, il reste encore bien des choses à découvrir par les chercheurs pour enrichir ce récit scientifique.

(Je trace ici à gros traits ce que j’ai retenu de la démarche de ce livre, vous n’êtes pas à l’abri d’une erreur grossière de ma part!).

L’organisation sociale des singes

Concentrons-nous maintenant uniquement sur l’évolution sociale. Et commençons par celle des singes, telle qu’expliquée par Pascal Picq :

Les controverses actuelles autour de la famille et de ce qu’elles devrait être ou pas paraissent d’une grande pauvreté anthropologique et primatologique si l’on regarde la vie des singes, à la variété extrême. On rencontre toutes sortes de systèmes sociaux :

  • des espèces plus ou moins solitaires avec un mâle dont le territoire recouvre ceux de plusieurs femelles – ce qui est rare – (orang-outang),
  • des espèces monogames avec un mâle et une femelles sur un territoire (gibbons),
  • un mâle avec plusieurs femelles sur un même territoire : harem polygyne (colobes, macaques, gorilles),
  • une femelle et plusieurs mâles sur un même territoire : harem polyandre (tamarins, pinchés)
  • et des groupes composés de plusieurs mâles et plusieurs femelles (babouins, chimpanzés). (Picq p. 62-63)

(On le voir, cette première liste distingue les structures des systèmes sociaux selon le nombre de mâles et de femelles adultes [et leurs enfants] sur un même territoire).

Ensuite, il faut considérer :

l’organisation ou comment les individus établissent des relations privilégiées entre eux. Des sociétés peuvent avoir la même structure mais des organisations sociales très différentes.

Par exemple, les gorilles, les hamadryas et les geladas vivent dans des harems polygynes.

  • Chez les gorilles, les femelles choisissent de se mettre sous la protection d’un mâle et les relations privilégiées se font avec le mâle.
  • Chez les hamadryas, le mâle dominant établit son harem de façon coercitive et domine fermement ses femelles.
  • Chez les géladas, les femelles sont apparentées et le mâle se tient à la périphérie du groupe.

Pour les groupes multimâles-multifemelles comme les babouins et les chimpanzés, les femelles sont apparentées chez les premiers alors que ce sont les mâles qui le sont chez les seconds.

Pascal Picq introduit ici des concepts peu explicités :

  • le « mâle dominant », ce qui impliquerait la présence de plusieurs mâles hiérarchisés, alors qu’il n’y a en principe qu’un mâle et son harem. On voit dans la suite de livre qu’il y a en quelque sorte des mâles solitaires ‘errants’, plus ou moins tolérés, opportunistes ;
  • La femelle apparentée signifie que les femmes sont de même lignée : mères, tantes, sœurs, tandis que les hommes sont exogènes, venus par « alliance » et tandis que les frères sont partis voir ailleurs et chercher à s’y imposer, si on peut dire.

(J’insère ici un autre éclairage peut-être utile : je viens de lire un article de magazine sur la période de rut chez les mammifères des sommets alpins : on voit les bouquetins par exemple, espèce où un mâle détient plusieurs femelles (harem polygyne), se réunir se rapprocher au moment du rut, en une société élargie permettant les échanges comme sur un marché… et les confrontations entre mâles sur leur rôle dominant (souvent des parades et rodomontades plus que des combats effectifs).

Enfin, les caractéristiques des groupes sociaux découlent de différents facteurs de sélection sexuelle :

Les investissements des femelles et des mâles pour la reproduction, l’éducation et la protection enfants s’avérant très dissymétriques, provoquent une guerre permanente des sexes. P63-64.

D’une manière générale, chez toutes les espèces sociales, les membres de l’un des deux sexes quittent le groupe natal vers la fin de l’adolescence pour se reproduire. Il n’y a pas d’inceste dans la nature.

Chez les mammifères, les femelles représentent ce qu’on appelle le « sexe écologique » (Picq semble désigner ainsi le sexe qui reste à la maison, l’oikos.). Les observations ont montré que les femmes restent ensemble (sociétés matrilocales) tandis que les mâles partent (exogamie des mâles). La raison est que les femelles doivent s’investir beaucoup plus pour assurer leur reproduction : gestation,, allaitement, protection, éducation… Elles ont besoin de plus de nourriture que les mâles, doivent y avoir accès facilement et être en sécurité. Il leur faut disposer d’un territoire dont elles connaissent toutes les ressources. Souvent les mâles, généralement plus corpulents et plus forts que les femelles, deviennent gênants, au mieux encombrants et, parfois, agressifs.

Les femelles … de nombreuses espèces de mammifères, qu’elles soient solitaires ou en groupe, limitent leurs relations avec les mâles au moment des amours ou, du moins, les maintiennent en marge.

Ce n’est pas le cas chez les singes où les mâles ont « le droit de rester » car il n’y a pas de saison de reproduction précise. .(..) Autrement dit, une femelle peut se retrouver fécondable à n’importe quel moment de l’année, ce qui oblige les mâles à une présence assidue et, souvent jalouse.

(Cela est dû au fait que la région équatoriale offre des nourritures végétales toute l’année. On trouve cette distinction entre tigres des régions chaudes et tigres de Sibérie dans la région du fleuve Amour, ou entre macaques actuels de la bande des tropiques et macaques du Tibet ou du Japon).

Les singes font partie des espèces à faible taux de reproduction. Une femelle (avec une espérance de vie de vingt à trente ans) peut mettre, en moyenne, un petit au monde tous les deux ans. Chaque enfant implique un investissement considérable en énergie, en protection et, passé le sevrage, du temps pour son éducation et l’apprentissage social. Si un enfant meurt, c’est une perte considérable. P 64-65.

Être une bonne mère suppose de réelles compétences ; il est avantageux alors pour les femelles de rester dans leur groupe natal et ainsi de bénéficier de l’expérience de leurs aînées et consœurs comme aussi de la solidarité du clan matriarcal.

La diversité des systèmes sociaux s’exprime ailleurs encore, par la différence de taille et de forme entre les mâles et les femelles, ce qu’on appelle le dimorphisme sexuel. p.65. Ainsi les caractéristiques de ces groupes sociaux découlent de différents facteurs de sélection sexuelle. Celle-ci est le fruit de la compétition intrasexuelle (‘entre les membres d’un même sexe) et de la sélection intersexuelle (pour le choix des partenaires entre les sexes). Et les formes d’organisation sont nombreuses !

  • Dans les harems polygines (plusieurs femmes), vivent un mâle (dit résident) et plusieurs femelles, ce qui signifie que beaucoup de mâles ne trouvent pas de femelles. Le mâle résident doit disposer de moyens de dissuasion et de combat si nécessaire, d’autant que les mâles sans femelles tendent à se coaliser pour tenter de l’évincer. La compétition intrasexuelle entre les mâles sélectionne des mâles puissants, qui font deux fois la taille des femelles et sont nantis de caractères sexuels dits secondaires. (C’est vrai aussi des lions, tigres, cerfs….) Leurs caractères secondaires sont souvent des toisons fournies, notamment autour du garrot et du cou, ou de couleur différente (gorilles). (…)
  • Il existe aussi des harems polyandres (composés de plusieurs mâles) chez les singes, notamment ceux d’Amérique du Sud. Les femelles sont un peu plus corpulentes, mais on ne retrouve pas un dimorphisme sexuel aussi marqué. De tels harems renvoient aux mythologies sur les amazones et autres mythes afférents à une période matriarcale de l’histoire de l’humanité, avant que s’instaurent les sociétés dominées par les hommes.

(Cette dernière remarque de Pascal Picq me paraît devoir être précisée. Peut-on penser que des mythes humains font évocation à des harems polygines dont les humains auraient souvenance et auraient mémorisé l’organisation sociale ? Picq ne dit pas cela, mais seulement que la société de certains mammifères nous renvoie à des mythes humains évocateurs d’une société matriarcale projetée dans le passé. Cela me paraît une simple coïncidence imaginative… qui illustre notre capacité de projection rétrospective.)

  • Et les espèces monogames ? La monogamie reste un phénomène rare chez les mammifères en général, plus fréquent chez les singes. Elle s’associe à l’investissement parental des mâles qui assistent la femelle dans le cadre de la protection et l’éducation des petits, comme chez les gibbons et de nombreuses autres espèces d’Amérique du Sud. Ici prévaut la compétition intersexuelle, le choix du partenaire étant prépondérant. C’est parmi ces espèces monogames que se déploient les plus belles parades amoureuse, à l’exemple des vocalises si élaborées des gibbons. D’une manière générale, les mâles et les femelles ont la même taille corporelle et il n’y a pas de caractère sexuel secondaire, les canines ayant la même taille pour les deux sexes chez les singes.
  • Entre ces deux cas extrêmes, le harem et le couple, se décline une diversité d’organisations sociales composées de plusieurs mâles et de plusieurs femelles : on les appelle dans notre jargon les groupes multimâles-multifemelles. Celle-ci sous-entend de fait une certaine tolérance afin que les mâles puissent vivre ensemble. La relation est plus facile quand les mâles sont apparentés (cas des chimpanzés, bonobos, hommes), la compétition intrasexuelle est moins intense, de même que le degré de dimorphisme sexuel. (…) L’anthropologie parle ainsi de sociétés patrilocales. Ne croyons pas cependant que les mâles mènent la danse comme ils l’entendent ! Les femelles, notamment dans les groupes multimâles-multifemelles, cherchent à limiter les comportements agressifs des mâles : elles opèrent une sélection, en particulier sur leurs aptitudes à tolérer les enfants. (…) Car il arrive– chez les espèces polygynes par exemple – que les mâles qui ont la certitude de ne pas être les géniteurs, et c’est le cas lorsqu’un mâle résident est chassé par un nouveau mâle, tuent les petits non sevrés, la cessation de la lactation faisant reprendre alors l’ovulation. Pour éviter cela, dans les sociétés mulitmâles-multifemelles, il arrive fréquemment que plusieurs femelles qui se trouvent fécondables – on dit en œstrus – en même temps, choisissent plusieurs partenaires, tout en laissant l’illusion aux plus dominants qu’ils ont la priorité. Cette incertitude présente deux avantages : elle favorise la diversité génétique et, surtout, la tolérance des mâles envers les jeunes.

Les sociétés de singes apparaissent ainsi, comme on le voit, dans toute leur complexité, en particulier les groupes multimâles-multifemelles, qui offrent un choix plus riche de déclinaisons en raison du grand nombre d’individus et des interactions diverses entre les femelles, entre les mâles et entre les deux sexes ; et tout cela sur des territoires étendus en trois dimensions sur lesquels il faut trouver des nourritures dont les ressources sont dispersées dans le temps et dans l’espace. Cela exige des capacités cognitives toutes aussi complexes qui se traduisent par un cerveau plus développé que chez les espèces de mammifères aux tailles comparables. On parle de cerveau social.

Les étapes d’évolution vers les sociétés humaines

Quittons alors la société des premiers singes, d’ailleurs comparée à celle des mammifères, pour nous projeter dans la famille des humains. Pascal Picq souligne qu’on passe ainsi par différents stades qui permettent de « découvrir la complexité et la richesse des comportements sociaux en même temps que ces grandes capacités cognitives plus ou moins partagées avec les singes, les grands singes, les premiers hominidés… Et mieux comprendre comment nous sommes devenus humains. Et cela a pris beaucoup de temps ». Cette évolution est essentiellement biologique, et non pas centrée uniquement sur le culturel. « Ce qui fait que notre évolution devient humaine depuis Homo Erectus ne vient pas de l’invention des outils, de la chasse, du partage de nourritures, de l’empathie, de la conscience de la mort, des jeux de pouvoir… mais de l’émergence de la condition humaine. (…) Et d’une puissance biologique, physiologique et cognitive qui nous provient d’innovations techniques et culturelles, comme le feu et la cuisson. Cette description d’une évolution très lente récuse aussi les hypothèses d’une mutation quasi magique. Et pendant que notre famille évolue en symbiose avec son environnement, d’autres branches ou lignées, après s’être répandues fortement, régressent et disparaissent. »(p 336).

Précisons ce détail pour mieux comprendre : nos ancêtres simiesques, en découvrant la cuisson qui permet de détacher et mâcher plus aisément les chairs d’autres animaux, vont ainsi voir leur dentition se transformer (moindre rôle et donc résorption des « canines »), ce qui modifie aussi toute la physionomie de ce groupe. On trouve chez Frans De Waal une remarque de ce type : une femelle Bonobo découvre l’intérêt de laver dans la rivière les pommes de terre avant de les consommer et cette pratique est transmise au groupe de femelles qui l’adoptent, puis aux jeunes. Frans De Wall travaille sur les phénomènes de « conscience » présents chez les singes (apprentissage, empathie, etc.), et Pascal Picq fait référence à des recherches de ce type pour interpréter les formes évolutives de machoires simiesques préhistoriques qui ont été découvertes ces dernières décennies.

Le propre de l’homme : attrait sexuel permanent et double utérus, maternel puis socio-culturel

Pour décrire les premières sociétés humaines, l’ auteur part des caractéristiques anatomiques et des caractères sexuels secondaires des hommes et des femmes. « Les deux sexes présentent ainsi une pilosité pubienne cachant le sexe des femmes, ne dissimulant que les testicules chez les hommes. Or, c’est exactement l’inverse chez les chimpanzés où il n’y a pas une telle pilosité : le sexe des femelles n’est pas caché tandis que le pénis des mâles se rétracte dans un fourreau. (…) Homo se distingue ainsi par un affichage frontal des caractères sexuels car la bipédie permanente a pour conséquence d’exposer les parties les plus fragiles du corps qui sont au contraire les plus dissimulées ou protégées chez les quadrupèdes. (…) Des femmes et des hommes constamment attirants n’impliquent pas des sociétés hédonistes et tolérantes ; hélas ! Les sociétés humaines ont toutes développé des règles et des interdits. Ce qui est certain, c’est qu’une telle transformation anatomique s’est accompagnée de nouveaux codes sociaux que l’on attribue de façon raisonnable à Homo Erectus » (P 306-307).

« Les sociétés humaines sont de type multifemmes-multimâles et patrilocales (à de rares exceptions près). Les fréquences de relations interindividuelles se font préférentiellement entre les hommes, puis entre les femmes et les hommes et entre les femmes. Ce sont évidemment des tendances générales avec des variations selon les sociétés et les affinités entre les personnes des deux sexes. La tendance à la monogamie repose, quant à elle, sur une nécessité : l’investissement parental des mâles. Ainsi, même si la sexualité humaine autorise la plus grande liberté, il n’en est jamais rien quant à la reproduction et l’éducation. Pour que des hommes participent à l’éducation et aux besoins des enfants, il leur faut être rassurés sur leur paternité ou tout au moins que celle-ci s’inscrive dans un réseau d’obligations sociales comme, par exemple, pourvoir à l’éducation des enfants de leur sœur ou d’autres ». p.307

En fait, on s’aperçoit que Pascal Picq a quitté, sans le dire, son domaine de la paléo-anthropologie (basée sur l’interprétation d’ossements de diverses périodes pour constituer une chronologie sociale et physique cohérente, d’où par exemple l’expression interprétative citée ci-dessus : « que l’on peut raisonnablement attribuer à Homo Erectus ») pour y attacher des conclusions des anthropologues au sens propre, dont par exemple Françoise Héritier. Cette affirmation sur la nécessité pour les hommes d’être rassurés sur leur paternité ne repose pas sur l’étude des ossements humains, mais sans doute sur des interprétations des mythes et des pratiques de tribus humaines. Il en va de même, selon moi, pour la suite :

C’est ainsi que sont nées les règle de filiation et de parenté pour lesquelles un langage est nécessaire. Le propre de l’homme ne réside pas, par exemple, dans l’interdit de l’inceste, mais dans son tabou et son énonciation (règles discursives). Les cérémonies de mariage servent à établir collectivement les identités de la femme ou du mari devant tous, en précisant qui doit s’investir dans l’éducation de tel ou tel enfant. Cela se traduit par des obligations en terme de coiffures, de signes, de parures, de lieux de résidence, d’activités et tous les rituels d’initiation qui s’y rattachent…p.307-308.

Mais il a besoin de rapprocher les interprétations d’observation biologique et celles d’observation historique ou culturelle pour mieux définir le « propre de l’homme » qui est avant tout le produit d’une évolution continue en fonction du milieu. (J’avoue ma perplexité devant la distinction entre le tabou et l’interdit…).

Si on compare avec les mammifères (peu monogames) ou les gibbons (plus fréquemment monogames, mais sur des territoires indépendants par famille) « on comprend mieux ce qui fait à la fois l’originalité et la complexité des sociétés humaines : une tendance à la monogamie combinée avec un arsenal corporel et comportemental de séduction inouï parmi les groupes multifemmes et multihommes. » Et il y a plus à tirer de ces comparaisons :

« On aurait pu croire que la condition des femmes se compare avantageusement avec celles des autres espèces, mais il n’en est rien. Car intervient une adaptation unique dans toute l’évolution : l’altricialité secondaire. Que s’est-il passé ? Un processus de sélection terrifiant a œuvré chez tous les Homo Erectus : toutes les femmes qui, par variation biologique, tardaient à accoucher avec un fœtus possédant un trop gros cerveau mouraient.

Le petit humain ne naît pas immature comme on le lit trop souvent (c’est de surcroît un très gros bébé) mais poursuit un développement cérébral qui exige un apport nutritif considérable et de la protection. En somme, le petit passe de l’utérus maternel à un utérus culturel riche en divers stimuli sensoriels et sociaux. Cela suppose aussi que les mères disposent d’un minimum de soutien de la part du groupe et des hommes d’une façon ou d’une autre, ce qui se traduit dans la réalité par la diversité des formes de parenté et de filiation.

Les ages de la vie tendent à s’allonger (sauf pour la gestation). Certaines périodes de la vie vont s’allonger, surtout l’adolescence « avec toutes les transformations du corps décrites plus haut. Une partie de l’augmentation de la taille corporelle se fait au cours de cette longue adolescence qui caractérise l’ontogenèse de l’homme.

Le langage articulé se développe aussi du temps d’Homo Erectus.

Les parties antérieures du cerveau, comme les lobes frontaux, sont désormais plus grandes et plus actives. Ces régions interviennent dans les émotions, l’empathie, la sympathie et la qualité des relations sociales. Ce qu’on appelle le cerveau social traduit au vrai une vie dans des groupes plus nombreux dont les activités sont plus diversifiées sur des territoires plus étendus. Ces relations s’étendent aux autres groupes, aux voisins, qu’ils soirent mais ou ennemis ne serait-ce que pour échanger des outils, établir des alliances, échanger des femmes, organiser des rencontres annuelles…

Faut-il le rappeler, Homo Erectus est un premier stade, déjà très remarquable, de ce qui deviendra ensuite l’Homo Sapiens et l’Homo Sapiens sapiens. C’est du dernier stade de notre évolution que nous tirons des observations d’aujourd’hui sur la domination masculine universelle et les systèmes de parenté.

*       *

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J’ai voulu donner ici une sorte de résumé partiel du livre, centré seulement sur les organisations sociales très primitives des ancêtres de l’humanité. Même si le livre Premiers Hommes de Pascal Picq n’affronte pas explicitement la question de l’origine de la domination masculine, j’ai rassemblé les extraits utiles pour alimenter la réflexion sur le sujet.

J’en conclus surtout en faisant quatre constats :

  • la domination masculine est un état d’évolution adaptative au contexte vécu par notre espèce à une période d’évolution très ancienne et qui était encore très « frustre » ;
  • la domination masculine n’est pas un état « naturel » ni un état « spécifique » mais une réponse à une situation préhistorique ;
  • il sera sans doute très difficile de reconstruire (par des hypothèses hasardeuses) les problématiques et les conditions de milieu, d’espèce et de groupe social qui ont amené à faire le choix de la domination masculine ;
  • la domination masculine est un choix évolutif « raisonnable », adaptés aux nécessités d’alors, et il est tout à fait raisonnable de considérer que nous pouvons sortir de ce choix et passer à d’autres modes d’organisation sociale.

Tous comptes faits, nos sociétés humaines ont développé le recours à des machines, des énergies, etc., inconnues il y a seulement deux millénaires, puis des technologies récentes, dont notamment la contraception qui change fortement les conditions des femmes ; et nous avons aussi développé des organisations sociales très innovantes, dont la démocratie étendue à tous et la volonté d’atteindre l’égalité et la non-discrimination. Tout ceci amènerait à considérer sereinement que la domination masculine est aujourd’hui obsolète et doit être abandonnée, même si une minorité attardée de l’humanité tient à conserver ce qu’elle lui octroie de privilèges très abusifs.

Chester Denis

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13 commentaires pour Sur l’origine de la domination masculine : avant les premiers hommes ?

  1. Nine Rouve dit :

    [Remarque : la discussion ci-dessous vient à la suite de mon commentaire sur la page de Nine Rouve « Quelle alternative au patriarcat, valoriser le modèle social non conjugal » où j’avais écrit :
    Venant à votre blog par le mot clé ‘patriarcat’, j’ai cédé à votre prière et creusé les deux textes de Agnès Echène. Et farfouillé à nouveau dans Matricien.org… Et je fais un commentaire, car ils sont si rares (oui, je confirme).
    Cette alternative est évidemment propre à faire réfléchir, elle déstabilise ces coutumes qui nous paraissent « naturelles ». La domination masculine est manifestement un choix. Et ce choix est obsolète, au vu de nos valeurs actuelles d’égalité, de non-discrimination.
    Mais la construction proposée a quelque chose d’angélique. On oppose à la sexualité agressive des « maris » ou des « alliés » la bonté naturelle des frères, des hommes consanguins. Ce n’est pas si simple. Et sur le plan du pouvoir familial, encore faut-il savoir qui décide : le plus souvent les hommes, même dans les sociétés matrilocales. Pouvoir mâle et sexualité mâle (désir de possession, de pénétration) font la tête des hommes. Il manque donc des briques plus concrètes à cette construction nouvelle. Dont la gestion collective des enfants et l’éducation à la collectivité solidaire et respectueuse (la « maison des enfants » dans je ne sais plus quelle société) par exemple. Dont aussi la restauration du tabou du consanguin, du « totem » qu’il faudrait imaginer dans notre monde moderne : ne serait-il pas aussi source de fermeture sur soi (nationale, religieuse, etc.) ?
    Bonne continuation. » Nine Rouve a voulu réagir ici par deux messages, qui ont été commentés par Meg. J’y réponds plus loin.
    ]

    Chester Denis, je mets cela ici, j’ai bien conscience que c’est un peu trop too much. Mais que voulez-vous, je suis tellement heureuse de vous avoir rencontré…!

    Mon intelligence étant arborescence (caractéristique souvent féminine…) je risque d’avoir du mal à justifier, argumenter mes propos (besoin souvent masculin…).

    La première chose qui me vient à la lecture de votre article est la partialité de Pascal Picq. Partialité comme avant lui Claude Lévi Strauss, Freud, Bachofen…
    « Cela me paraît une simple coïncidence imaginative… »
    Ceci est inexact :
    voir ici : https://matricien.org/geo-hist-matriarcat/asie/circassien/
    Dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules Jules César, à propos de la lutte contre le chef germain Arioviste (58 av. J. Chr.), écrit ceci :
    « Lorsque César demanda aux prisonniers pourquoi Arioviste n’avait pas livré un combat à outrance, il apprit que la raison en était la suivante : c’était chez les Germains une coutume que les mères de famille décident, après avoir consulté les signes et rendu les oracles, s’il convenait ou non d’engager un combat ; or elles disaient que le destin ne permettrait pas aux Germains de vaincre, s’ils engageaient le combat avant la nouvelle lune. »
    — Commentaires sur la Guerre des Gaules, livre 1, ch. 50

    Alexandre le Grand :
    « Si je remporte la victoire contre une femme, alors le monde entier dira qu’il n’y a pas de gloire en cela ni de difficulté ! Et pire encore si la défaite survient (ceci étant très probable vue la dextérité de ses somptueuses femmes). Alors le déshonneur s’abattra sur moi et mon Empire ! Ainsi il vaut mieux renoncer à la conquête de cette merveilleuse contrée. » Et Alexandre s’en alla vers la Chine en laissant le Caucase…

    https://matricien.org/geo-hist-matriarcat/asie/amazone/
    Dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules Jules César, à propos de la lutte contre le chef germain Arioviste (58 av. J. Chr.), écrit ceci :
    « Lorsque César demanda aux prisonniers pourquoi Arioviste n’avait pas livré un combat à outrance, il apprit que la raison en était la suivante : c’était chez les Germains une coutume que les mères de famille décident, après avoir consulté les signes et rendu les oracles, s’il convenait ou non d’engager un combat ; or elles disaient que le destin ne permettrait pas aux Germains de vaincre, s’ils engageaient le combat avant la nouvelle lune. »
    — Commentaires sur la Guerre des Gaules, livre 1, ch. 50

    https://matricien.org/geo-hist-matriarcat/afrique/egypte/
    Il y a d’abord confusion des termes : le matriarcat n’est pas le pouvoir aux femmes, mais le droit maternel. Ensuite, le pouvoir ne se décrète pas, c’est un rapport de forces entre dirigeants et dirigés, suivant leur quantités respectives de propriété : qui possède le plus influence le plus sur les décisions. Dans le matriarcat, si les chefs sont généralement des hommes, la propriété est majoritairement aux mains des femmes.

    L’analyse des papyrus démotiques du Louvre a permis au savant égyptologue de constater que les anciens contrats de mariage ne mentionnent pas les biens de la femme, quelque nombreux et importants qu’ils aient été, le mari n’ayant aucun droit dessus, tandis qu’on spécifiait la somme qu’il devait payer à sa femme, soit comme don nuptial, pension annuelle et amende en cas de divorce. L’épouse est toujours maîtresse absolue de ses biens qu’elle administre et dont elle dispose à son vouloir. Elle vend, achète, prête, emprunte ; bref, fait sans contrôle tous les actes de chef de famille.
    Les faits rapportés par Hérodote et Diodore, confirmés par les travaux de Champollion-Figeac et des égyptologues, démontrent que la femme égyptienne occupait dans la famille la même position que les dames naïrs et targuies. Les inscriptions funéraires recueillies dans la vallée du Nil mentionnent fréquemment le nom de la mère, mais non celui du père.
    L’historien d’Halicarnasse expliquait ce contraste par la nature du Nil, si différente de celle des autres fleuves : »ainsi les usages des Égyptiens et leurs lois diffèrent des mœurs et des coutumes des autres peuples… Les hommes portent les fardeaux sur la tête et les femmes sur les épaules. Les femmes vont au marché et trafiquent, tandis que les hommes renfermés dans les maisons travaillent à la toile… Les enfants mâles ne sont point contraints par la loi de nourrir leurs parents ; cette charge incombe de droit aux filles ».

    « En raison des nombreux bienfaits de la déesse Isis, écrit Diodore de Sicile, il avait été établi que la reine d’Égypte recevait plus de puissance et de respect que le roi ; ce qui explique pourquoi chez les particuliers l’homme appartient à la femme selon les termes du contrat dotal, et qu’il est stipulé entre les époux que l’homme obéira à la femme« .
    « Les femmes d’Égypte usaient sans hypocrisie, non seulement de leur liberté sexuelle, mais de la puissance économique que leur donnait la législation ; l’initiative amoureuse leur était réservée. […] Ni l’institution des danseuses nues pour les fêtes, ni celle de la prostitution officialisée, voire sacrée, n’était une marque de mépris féminin ; il faut attendre le judéo-christianisme pour que les structures mentales de cet ordre s’accompagnent d’une réification sexuelle de la femme […] Lorsque l’Égypte passa au patriarcat absolu sous l’influence des Hyksos et en raison de l’impérialisme guerrier qui supplanta peu à peu l’heureux isolement d’un passé agraire, des lois apparurent, qui faisaient entrer l’Égyptienne dans le reste du bétail antique des femmes. » P 188
    « Comme chez les Ioniens et les Crétois, la femme d’Égypte circule libre, sans chaperon, montre sa nudité ; comme chez les Étrusques, elle participe aux banquets et aux danses, jouit de liberté sexuelle ; comme chez les Celtes, elle choisit son époux ; comme chez les Crétois elle s’adonne à toutes sortes d’activités lucratives et garde souvent la fonction sacralisée de tout ce qui touche aux funérailles et aux rites de la fertilité… » P 189.
    Françoise d’Eaubonne, Les femmes avant le patriarcat.

    https://matricien.org/geo-hist-matriarcat/europe/germain/
    Ainsi que les Valkyries des Scandinaves, la femme germaine accompagne le guerrier sur le champ de bataille, enflamme son courage, l’aide dans la mêlée, le relève s’il est blessé et le soigne. Son assistance est si appréciée que, d’après Tacite (historien romain, 55-120 ap-JC), les Bataves (tribu germanique antique), qui se révoltèrent sous la conduite de Civilis, prenaient en pitié les soldats romains parce qu’ils n’étaient pas accompagnés de leurs femmes lorsqu’ils marchaient au combat. Le philosophe grec Platon, initié aux Mystères d’Eleusis (survivance de cultes matriarcaux), était plus instruit des mœurs primitives qu’on ne pense, fait les femmes assister aux batailles des guerriers de sa République. Les Germaines assistaient aux batailles, excitant les guerriers par leurs cris, ramenant à la mêlée ceux qui lâchaient pied, comptant et pansant les blessures. Les Germains ne dédaignaient pas de les consulter et de suivre leurs conseils. Ils redoutaient plus vivement la captivité pour leurs femmes que pour eux-mêmes.

    « La tendance à la monogamie repose, quant à elle, sur une nécessité : l’investissement parental des mâles. »
    Ceci aussi est inexact.
    Là où le lignage paternel n’a pas cours, c’est le lignage maternel qui s’applique dit matrilignage. Ce sont les oncles qui élèvent les enfants, car les géniteurs, les amants sexuels des mères ne font pas partie du clan. Il y a toujours eu un investissement parental de mâles, mais rien n’imposait qu’il s’agisse des géniteurs! Dans cette société matriliénaire: aucun enfant non reconnu ! Aucun Oliver Twist. Tous les enfants ont des mères et donc des pères sociaux.

    https://matricien.org/geo-hist-matriarcat/europe/germain/
    « Chez les Germains, dit Tacite, l’enfant d’une sœur est aussi cher à son oncle qu’à son père. Quelques-uns même estiment ce degré de consanguinité plus saint et plus étroit ; et en recevant des otages, ils préfèrent des neveux, comme inspirant un attachement plus fort et intéressant davantage la famille ».
    Cependant les Germains que décrit l’historien latin étaient déjà entrés dans la forme familiale paternelle, puisque les enfants héritaient de leur père ; mais ils conservaient encore les sentiments et certains usages de la famille maternelle. Ne dit-on pas « cousins germains » pour désigner les cousins du même germe maternel ?
    Sur Le fosterage (celtes, germains, moyen âge) : l’initiation par l’oncle maternel, un vestige de matriarcat voir ici : https://matricien.org/patriarcat/histoire/forestage/
    également Tristan et Iseut ou l’amour libre contre le mariage d’Agnès Echène (que je n’ai pas encore lu)

    « une tendance à la monogamie… »

    La monogamie est une vue confortable de l’esprit, cet ordre n’a jamais pu être avéré. Nier le corps, les besoins et plaisirs sexuels est une entreprise impossible depuis l’invention de la monogamie humaine, ie depuis le mariage imposé par la loi romaine.
    Dans l’objectif de choisir à qui transmettre son patrimoine, les Patriciens, oligarques de Rome, ont imposé comme les Grecs avant eux, le droit paternel. Les biens pouvaient enfin passer de père en fils, sans être dissous, amoindris. (c’est Clovis avec la loi salique qui inscrit cela dans notre histoire de France). https://matricien.org/patriarcat/histoire/loi-salique/
    Or pour connaître son fils, un père n’a que le choix d’être le seul amant de la mère. Et ainsi vint par une simple logique de déductions successives notre désastre : la création du mariage, l’exigence de virginité des femmes, les diktats sur la sexualité de la femme en général, sur leur corps si tentant pour les hommes et donc proclamé sale et coupable, sur le fait qu’il faille qu’elles disparaissent des lieux publics, sur la frustration de chacun, sur cet enchevêtrement d’interdits impossible à respecter.

    https://matricien.org/patriarcat/histoire/loi-salique/ :
    Certaines traces de matrilinéarité se sont maintenues jusqu’au Moyen-Age dans nos contrées. Seules les femmes nobles se mariaient et n’étaient jamais émancipées, même si ça et là, l’absence de loi salique leur permettait parfois de monter sur le trône (duchesse Anne de Bretagne); « se mariaient » dans le sens où on l’entend aujourd’hui : monogamie, fidélité absolue, domination de l’époux, indissolubilité et sanctification par l’Église… Mais bien sûr, les couples se formaient : une simple déclaration de la volonté de la part de deux personnes devant deux témoins et la plupart du temps, l’affaire était entendue. Sinon ils se référaient notamment aux coutumes héritées des Gaulois ou des Germains. Les femmes bourgeoises ou paysannes sont restées très longtemps libres de posséder terres, ateliers ou commerces et d’exercer librement leur occupation.

    Les coutumes matrilinéaires franques, islandaises et scandinaves diffèrent sensiblement de l’idéal romain d’une seule épouse féconde au pouvoir du mari. La christianisation, plus ou moins intense selon les régions et de toute façon très lente, impose peu à peu la monogamie et le mariage indissoluble, en puisant dans la force d’une métaphore, celle de l’Église épouse du Christ. Le Moyen Âge glissera par la suite vers la misogynie et le puritanisme, ainsi que l’abandon progressif des formes claniques de dénomination au profit d’un seul prénom, qui devient nom de baptême à mesure que progresse le baptême des enfants, principalement à partir de l’époque carolingienne.

    Ce que prouvent directement les documents gallois et, avec eux, les documents irlandais, c’est qu’au XI° siècle le mariage apparié (collectif, inter-clanique) n’avait pas du tout été supplanté, chez les Celtes, par la monogamie. De plus, en cas de divorce, si c’était l’homme qui rompait le mariage, il devait rendre à la femme sa dot et quelque chose en plus; si c’était la femme, sa part était moindre. Si les deux partenaires avaient vécu sept ans ensemble, ils étaient mari et femme, même sans mariage formel préalable. La chasteté des filles avant le mariage n’était ni gardée, ni exigée rigoureusement; les dispositions à ce sujet sont de nature fort légère et ne répondent absolument pas à la morale bourgeoise. Les raisons pour lesquelles la femme pouvait exiger le divorce sans rien perdre de ses droits lors de la séparation étaient d’ample nature: la mauvaise haleine du mari suffisait. Les femmes avaient droit de vote dans les assemblées du peuple. Ajoutons qu’en Irlande des conditions analogues sont attestées; que, là aussi, les mariages à temps limité étaient chose courante et qu’en cas de divorce on assurait à la femme de grands avantages exactement prescrits, et même une indemnité pour ses services domestiques; qu’il y apparaît une « première femme » à côté d’autres femmes et que, lors du partage des successions, il n’est fait aucune différence entre enfants légitimes et naturels.

    Donc, nous constatons que
    1- il est bien délicat d’être un scientifique et de ne pas être partie prenante dans une interprétation de modèle de société
    2-que ce modèle de société dans lequel nous étouffons n’a que deux mille ans. Homo Erectus et les singes n’y sont donc pour rien…

    -N.

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    • meg dit :

      Le site matricien.org est un site tenu par des masculinistes et qui n’a absolument rien de scientifique. Ceci se remarque plus facilement dans leurs articles anciens qui expliquent par exemple que le nazisme est une idéologie matriarcale ou que le culte marial catho est du matriarcat. Les membres de ce site diffusent leurs liens depuis des années sur les espaces féministes et malheureusement certaines féministes séduites à l’idée d’un passé mythique de déesse mères utilisent ses sources sans aucune distance.
      Le matriarcat sur matricien.org n’est jamais défini.
      Il n’ a pas de matriarcat car le matriarcat c’est l’oppression des hommes par les femmes (-arcat veut dire domination, pouvoir réservé à). Il n’y a pas de société dans laquelle les hommes sont opprimés par les femmes. Dans ce que les gens appelent matriarcat les hommes ne sont pas échangés, vendus, violés, mutilés par les femmes. Ce qu’on appel matriarcat concrètement se sont des patriarcat un peu moins hardcore que la version taliban, mais c’est même pas des structures égalitaires. Quant on regarde ces sociétés sois disant matriarcales, les femmes y sont toujours de corvées de chiotte, s’occupent de l’éducation des enfants, des soins aux vieilles et vieux et aux malades. Les hommes de leur coté gardent l’autorité sur les enfants, c’est l’oncle qui remplace le père, on devrait parler de viriarcat plutot que de patriarcat, mais ca reste de la domination masculine.

      Je conseil cette émission qui explique l’origine misogyne de l’idée de matriarcat
      https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-l-histoire/la-fabrique-de-l-histoire-jeudi-19-mai-2016

      Voire aussi les recherches de Françoise Héritier et Paola Tabet qui mettent en valeur deux invariants ethnologiques fondamentaux : la différence de valence des sexes (Héritier) et le contrôle des outils et des armes par les hommes au détriment des femmes (Tabet).

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      • Nine Rouve dit :

        Les auteurs des morceaux cités sont : Hérodote, Jules César, Françoise d’Eaubonne, Alexandre Le Grand ; Le site de Çatal Höyük est également dispo sur le net.
        Le matriarcat n’est cité qu’une seule fois dans mon propos et n’en est pas l’objet.
        Je constate que vous évoquez longuement le contexte du site internet d’où ces extraits sont issus en effet, mais ne portez que peu de commentaires sur chaque extrait cité.

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  2. Nine Rouve dit :

    Tout comme vous, connaître et comprendre la cause de tout cela est une idée fixe.
    Ma proposition est la suivante :
    Tant que les Hommes étaient des nomades, avant le Néolithique, soit environ avant -10 000 AJC, ils chérissaient la Dèesse Mère. La femme était assimilée à la Terre, elle était vénérée. Ils étaient des peuples de cueilleurs chasseurs, dépendant de ce qu’ils trouvaient. Puis vient le Néolithique, et l’âge des Métaux.
    voir le site de fouille Çatal Höyük ( http://www.histoiredelantiquite.net/archeologie-proche-orient/la-pratique-religieuse-catal-hoyuk/).
    Mon idée est que jusque-là seules les compétences dites féminines étaient valorisées : accueil, spiritualité, magie, l’acception, le laisser-faire, la passivité.
    Les valeurs dites masculines émergent à ce moment-là, en témoigne les premières grandes innovations et découvertes : façonnage des métaux, l’écriture, les premières constructions, les mégalithes, les cités. Les Hommes se sédentarisent, commencent la lente maîtrise de l’agriculture et l’élevage, ils prennent conscience de leur rôles dans les grossesses des mères. Dans les logements, les premiers éléments de confort apparaissent : lit, étagère, table. Les Hommes passent de la survie au confort : c’est la valeur ajoutée des valeurs masculines ! Rationnaliser, optimiser, faire des choix fonctionnels et concrets, essayer, expérimenter, faire dans le concret, dans le manifesté. Tout cela est masculin, est Yang ! Les femmes restent importantes, leurs tombes en témoignent. Les groupes humains s’organisent, les cités se découpent par fonction et petit à petit, se hiérarchisent et c’est là que tout part en cacahuète. Les quartiers de riches, d’hommes d’armes, de notables, et les quartiers de pauvres. Les oligarchies se dressent, s’organisent pour durer. Les clans se combattent ou s’allient dans des logiques de pouvoir. Les guerres sont inventées et avec elles, les principes de « je te protège si tu te soumets ». Les squelettes montrent que les Hommes de cette période sont en bien moins bonne santé que dans l’ère de survie précédente. On ne peut que faire l’analogie avec l’époque contemporaine, de consumérisme délirant où notre santé se détériore, mais on veut toujours plus… de choses matérielles et de pouvoir. Hommes comme femmes font donc depuis le Néolithique le choix du confort. Les valeurs masculines ensuite n’ont plus pu être contenues, au sens de modérées, équilibrées par des valeurs de sens, de spiritualité. La valeur de Terre, de la Vie a peu à peu disparu. (cela a pris néanmoins un paquet de temps, parce qu’entre – 10 000 AJC et les romains ça fait un bout …). Toujours plus est le mécanisme de notre perte, notre progrès… Le capitalisme a été inventé par les Néolithiques et non par la Commune de Paris ! (je blague, quoi que). Nous sommes donc dans cette logique de pouvoir et de contrôle.
    Mais l’homme (garçon) s’est bien rendu compte qu’un truc déconnait : c’était sa dépendance à l’Amour, à la sexualité qui parfois pouvait lui faire faire des choses pas bien rationnelles (!!!). Il n’en fallu pas beaucoup plus aux Grecs et Romains pour inventer des Dieux Hommes, et d’introniser l’Esprit, bannir ce corps et ses tentations tous incarnés dans la Femme, cause facile et synthétique de cette fragilité de la maîtrise et de la toute-puissance masculine.
    Ce n’est donc pas la femme qu’il convient de réhabiliter, mais ce qu’elle représente dans notre modèle de société : quelque chose de non rationnel, de non optimisé, de sacré, bref un truc incompressible et magique !
    Voici donc ma thèse de non anthropologue.

    -N.

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    • meg dit :

      « Mon idée est que jusque-là seules les compétences dites féminines étaient valorisées : accueil, spiritualité, magie, l’acception, le laisser-faire, la passivité.
      Les valeurs dites masculines émergent à ce moment-là, en témoigne les premières grandes innovations et découvertes : façonnage des métaux, l’écriture, les premières constructions, les mégalithes, les cités. »
      Je trouve très essentialiste de dire que l’accueil, la spiritualité, le laissé-faire et la passivité sont des valeurs féminines. Comme si c’était des choses naturelles à un sexe plutot qu’à un autre. Si ces valeurs sont seulement « dites » d’un sexe ou de l’autre, alors c’est qu’elles ne le sont pas réelement et du coup la suite du raisonnement ne tiens pas. La passivité n’a rien de féminin ni de masculin en soi. C’est la culture misogyne qui met le féminin du coté du négatif (le passif est négatif et la valeur du laissé-faire, je voie pas trop le coté positif non plus). Voyez Françoise Héritier sur la différence de valence des sexes qui explique cette dichotomie utilisé contre les femmes comme dénominateur commun à toute l’humanité.
      Vous dites ensuite que les grandes innovations sont le façonnage des métaux, mégalithes, cités, écritures… mais c’est un double choix que vous faites de choisir ces innovations là comme signe de grandeur et de masculinité (comme si les innovations antérieures n’étaient pas grandes aussi et comme si les femmes n’avaient aucune part dans ces innovations que vous réduisez à la masculinité.

      A mon avis les grandes innovations viennent plutot des femmes, mais les hommes ont toujours confisqué ces innovations et se les sont appropriées. Aujourd’hui il y a un consensus pour dire que le paléolithique s’organisait entre chasse et ceuillette et on étudie les peuples chasseurs-ceuilleurs contemporains pour faire des hypothèses. Dans ses peuples par la ceuillette et la chasse de petit gibier les femmes rapportent 70% des aliments dans le groupe. Les femmes participent à la chasse, plutot comme baudet (elles portent les trucs lourds) et comme chiens (elles rabattent le gibier) mais elles ne profitent pas de la viande. Les hommes se gardant le fruit de la chasse mais ne se privant pas de bouffer la ceuillette rapporter par les femmes. Et la viande que mange les femmes viens plutot de leurs petit gibier. Si les femmes font la ceuillette, pendant que les hommes trucident tout ce qui bouge (gibier et ennemies) c’est elles qui connaissent les plantes et qui sont capables de faire des soins, des pigments et de l’agriculture ce sont les femmes. Une fois que les hommes ont vu que les femmes avaient un super rendement, ils ont forgé des interdits religieux pour confisqué la pratique. Voire Paola Tabet qui détaille tout ceci.
      Une fois l’agriculture confisqué aux femmes, on observe à la période mésolithique et surtout néolithique l’apparition d’une plus grave domination des femmes. Les squelettes et fossiles trouvé de ces périodes attestent de graves carences alimentaires alimentaires chez les femmes et les enfants et de nombreuses traces de violences sur ces mêmes groupes. Sur les hommes par contre pas de carences. C’est à partir de là que les femmes deviennent plus petites que les hommes. Voire là dessus le travail de Priscille Touraille.

      Au paléolithique et dans les cultures chasseuses-ceuilleuses les femmes sont déjà sous le coup de l’oppression masculine, au mésolithique et néolithique elles le sont beaucoup, beaucoup plus. Ca veut pas dire que le paléolithique était « matriarcale » ca veut dire qu’il était moins inégalitaire que l’époque dite « civilisé ».
      là dessus je vous conseil cette émission Que savons-nous des femmes de la Préhistoire ?
      qui fait le point sur les connaissances et théorie actuelles à ce sujet.
      [audio src="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13957-14.01.2017-ITEMA_21197149-0.mp3" /]

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  3. chesterdenis dit :

    Je vous remercie toutes deux de ces contributions. Mais nous répondons sans doute à des questionnements différents. J’avais effectivement appris que le responsable du site ‘matricien.org’ a un passé d’extrême-droite (mais tout le monde peut évoluer, aussi bien) ; le fait que son thème ‘matriarcat’ ne soit que peu repris et discuté par les féministes m’avait aussi questionné : ce n’est pas aux hommes de dire aux féministes ce qu’elles doivent dire et penser.
    Je m’en suis ensuite tenu à l’affirmation de Françoise Héritier (et Alain Testart et d’autres) sur l’universalité de la domination masculine. La critique (sectaire et ‘complotiste’) par Matricien.org des grands anthropologues du XXe siècle ne me convainc pas, surtout si c’est fait en s’appuyant sur ceux du XIXe.
    Je ne trouve pas inintéressant de relever toutes les indications et traces (Agnes Echène) de sociétés, mythes et cultures donnant plus de pouvoir aux femmes ; mais c’est éventuellement un effet de l’imagination, de la projection et cela demande interprétation (ainsi la reprise ou construction du mythe de Mélusine au Moyen-Age ne sert qu’a valoriser des hautes maisons familiales, Lusignan et Sassenage). Il y a sans doute dans la préhistoire un culte de la Mère féconde (Vénus Hottentote, Peuples de la Mer et de Sardaigne, Egypte), mais il peut être le fait d’hommes dominants socialement. Nettement, et on le voit avec l’apparition de la grotte/réplique Chauvet (Ardèche), il y a un désir actuel d’interprétation religieuse des peintures rupestres, et cela me parait très hasardeux comme ensemble d’hypothèses. D’autant que nous partons de notre expérience de monothéismes très tardifs (Hébraïsme, Chrétienté, Islam), encore si peu questionnés dans leur propre fabrication historique ! Mais, encore une fois, cette évocation d’autres modèles sociaux n’est pas inutile pour cerner (et mettre dans la tête des hommes !) la domination masculine comme un modèle particulier, choisi, peut être adapté à une époque, mais dont nous pouvons changer.
    Je viens de commencer à lire Paola Tabet. Je consulterai les références que vous me procurez, merci. En fait, cet article en appelle (dans mes projets) un autre sur Françoise Héritier et un autre sur « les patriarcats archaïques » selon la synthèse de Francine Sporenda mais je ne sais si je les écrirai…

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    • meg dit :

      « Il y a sans doute dans la préhistoire un culte de la Mère féconde (Vénus Hottentote, Peuples de la Mer et de Sardaigne, Egypte), mais il peut être le fait d’hommes dominants socialement.  »
      Tu dois parler de la Vénus de Willendorf car la Vénus Hottentote, de son vrais nom Sarah Baatman est pas une statue préhistorique, mais une femme victime du racisme des anglais et surtout des français, qui mourru dans la prostitution misérable et dont le corps fut disséqué et empaillé par Cuvier pour prouver ses théories racistes.

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  4. Nine Rouve dit :

    Merci pour ces auteurs et les références bibliographiques citées. Je me permets de vous partager celles-ci: Tous les chemins mènent à l’homme : Le masculin sans tabou de Jacques Lucas, les ouvrages de Paule Salomon, La femme solaire, L’homme nouveau ; les ouvrages de Guy Corneau créateur des tentes bleues (cercles de paroles pour hommes) : notamment père manquant, fils manqué.
    Cordialement,
    NR.

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  5. meg dit :

    Pour parler de votre texte à proprement dit Chesterdenis, les hypothèses de Françoise Héritier et Paola Tabet ainsi que les paléo-anthropologues qui se fondent sur cette analyse, disent qu’il y aurais une très grande ancienneté du patriarcat dans les sociétés prè-humaines. Héritier parle de la néoténie de notre espèce (aggravé par la station debout et le rétrécissement du bassin des femmes que ca implique, nécessitant des naissances précoces et un long développement post-natal).

    Silvana Condemi fait l’hypothèse que les femelles primates qui sont nos ancêtres auraient privilégié des mâles agressifs et gros, ce qui les aurais desservis sur le long terme. Une autre stratégie aurais été de devenir plus grandes que les mâles afin d’avoir de grands bassins capables de faire passé des bébés plus gros. La différence de taille entre les femmes et les hommes semble par contre assez faible jusqu’à une période récente (néolithique) durant laquelle elle se serait énormément accentuée, pour arrivé à la différence actuelle. On remarque que chez les populations chasseuses-ceuilleuses contemporaines, le dimorphisme sexuel est toujours assez faible. Les sociétés agricoles au contraire ont une différence bien marqué, les femmes ne mangeant que rarement de la viande, servant le repas qu’elles ont préparé et mangeant les restes à la fin, si il y en a.

    Par rapport à la testostérone et l’agressivité, et aussi l’idée de domination via la pénétration sexuelle. La testostérone est parfois utilisé par d’autres espèces de mammifères au bénéfice d’une domination des femelles. Les hyènes tachetés femelles utilisent leur clitoris pour pénétré les individus du clan selon l’ordre hiérarchique de celui ci. Les mâles étant toujours au dessous hiérarchiquement de toutes les femelles du clan, ils se font enculé par toute la meute. Les hyènes recoivent une très forte dose de testostérone in-utero car pour l’accouchement d’une hyène il faut que le petit passe par le clitoris (les hyènes accouchent et urinent par le clitoris ! mortalité de fou chez les femelles et les petits). Or le cordon ombilical est plus court que la distance entre l’uterus et la sortie du clito, au moment ou le petit est coincé dans un goulot étroit comme un clitoris, il n’a plus aucun apport en oxygène et pour survivre il faut qu’il ai une rage et une force assez phénoménal. Ca rend les hyènes très agressives et ca leur donne une musculature particulière (grosses épaules, petit culs). Une autre espèce qui est très agressive en lien à la testostérone, les diables de tasmanie. La femelles fait des portés de 40 individus, mais elles n’a que 4 tétines. Seul les individus les plus agressifs, capable de s’accrocher à une tétine et laissé crevé 36 soeurs et frères survivent. Hyènes et diables de tasmanie ont en commun une force de machoire capable de couper une jambe et machouillé les os tranquillement. Ces exemples me font pensé que l’idée de domination par pénétration (qu’on trouve aussi chez les chiens et chiennes dominant·e·s et d’autres espèces) semble très archaique chez l’espèce humaine. Aussi chez les non humain cette utilisation de la pénétration comme signe de domination peut être culturelle, il y a de la culture chez les non-humains et en particulier chez les mammifères qui nous sont proches. Dire ceci peut semblé fataliste mais je ne croie pas. L’espèce humaine est une espèce caractérisé par la complexité de sa culture qui est son mode d’adaptation à la vie. Nous sommes une espèce qui culturalise absolument tout, de la manière de déféquer à celles de dormir et copuler, chaque action est ritualisé, codé, modifié. Et en commun avec les non-humains nous avons le sens de la justice (les pigeons ont le sens de la justice c’est pas une exclusivité humaine), et notre concept de l’égalité est de plus en plus étendu. Comme il n’est pas question de nous complaire à nous comporter comme des babouins en rûte ou des hyènes féroces, notre énergie et notre développement culturel doit être tourné vers une recherche de rectification des injustices de ce monde. Faire par exemple que la pénétration ne sois plus liée à la domination c’est possible grâce à la culture, c’est possible si on a la volonté de s’y attelé et de chercher dans cette direction.
    Pour la testostérone on sait aussi que cette hormone est sécrété par l’agressivité. Tout en rendant agressif, le fait de favorisé des comportement agressifs favorise la sécrétion de cette hormone. Ca va dans les deux sens. Il est important que les personnes qui sécrètent deja de la téstostérone ne soient pas encouragé à en sécrété encore plus, histoire de pas faire des pitbull capable de t’arracher une jambe d’un coup de dent. Et pour faire baisser la testostérone et l’agressivité chez les hommes, pas besoin de piqures d’hormones, ni de big pharma, une attention au calme, à la tendresse, un refu de la compétition ca marche aussi très bien.

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