Guide du féminisme pour les hommes : un troisième…

C’est une grosse brochure, disponible par Internet : « Vers l’égalité des femmes et des hommes : questionner les masculinités- Enjeux, témoignages et pratiques » réalisée par Adéquations en 2016. En fait, c’est l’œuvre de deux femmes, Yveline Nicolas et Bénédicte Fiquet, de cette association. Elles sont mentionnées tout à la fin, à la page 72. Vous la trouverez sur le site de cette organisation, ici. C’est un PDF.

Adéquations, fondée en 2003, a pour objectif la promotion d’un développement humain durable. C’est selon moi un organisme de formations thématiques pour des ONG, notamment dans la coopération nord-sud.

Elle propose ici une brochure très bien documentée, avec des réflexions et témoignages intéressants (c’est la partie la plus importante et la plus riche, avec des fiches thématiques en contrepoint). Elle a l’originalité de parler des hommes. (Les deux guides que j’ai cités auparavant étaient des introductions au féminisme, en essayant d’interpeller les hommes). Et il y a de nombreuses références.

J’en recommande donc la lecture. Pourtant, je suis un peu resté sur ma faim, et c’est un peu difficile à expliquer. Il y a une introduction un peu théorique sur le masculin. Rien n’est inutile, mais je n’ai pas appris des éléments nouveaux. Il y a peu de questionnements permettant d’aller plus loin : ce n’était pas le but de ce travail).

Un point parmi ceux qui m’ont intéressé ? « En Amérique Latine, le genre est un sujet très dynamique. (…) En Amérique Centrale, les États sont fondés sur du racisme intériorisé et institutionnalisé, aussi les questions de « discriminations multiples » et d’intersectionnalité sont très présentes. Les mouvements de femmes sont très dynamiques. Enfin, les organisations latino-américaines ont réussi à garder l’esprit « éducation populaire », avec des outils liés à l’art, la corporalité, le sensible, qui apportent une vraie plus-value, sur ce sujet comme sur d’autres. Sur la question de la mixité, il y a des démarches difficilement imaginables en France. Par exemple, avec des groupes mixtes, en parlant « d’hisoires de vie » de la part de filles ou de femmes, elles évoquent des traumatismes, la violence au quotidien, face à des garçons. Ce n’est pas facile pour elles, mais cela aboutit souvent, si l’accompagnement est bon, à générer plus d’empathie de la part des garçons, voire un engagement. Et ce retour des garçons, le fait d’être en groupe, peut avoir une dimension thérapeutique. (….) La très grande majorité de nos partenaires latino-américains ont une stratégie genre et beaucoup travaillent sur les masculinités. » (Extrait d’un des témoignages.

Un point plus superficiel ? J’ai déniché à la page 60 (à trois pages de la fin du texte), deux exemples d’outils « pour aider à intégrer les hommes et les masculinités dans les projets, dont un « extrait adapté d’une checklist pour favoriser la discussion en groupe sur la participation à la prise en charge de soins par les hommes, dans leurs foyers, dans leurs relations, et leurs communautés ». En fait cette liste d’à peine une demi-page (instructive, posant les bonnes questions) est adaptée ici d’un projet international de la FNUAP Promundo, Men Engage. elle n’est qu’un encadré dans la 3e partie. Et c’est là que j’ai compris mon erreur !

Dans la partie 3 « Recommandations et sources documentaires » (sic), il faut dépasser la section « Engagements internationaux » pour atteindre la dernière section « enseignements et recommandations ». Elle fait seulement six pages ! Elle adresse ses recommandations successivement  » pour les associations et les institutions engagées dans l’égalité », « pour les organisations de solidarité internationale », « pour les politiques publiques ». Tiens, c’est en fait un manuel de formation et de sensibilisation pour les organisations et institutions !

Pourtant l’avant propos ne disait rien de cela. Pourquoi ai-je été abusé ? J’avais lu :

« Nous constatons qu’en France, très peu d’hommes sont présents, à la fois comme public et comme intervenants, aux formations, conférences ou séminaires portant sur le genre, l’égalité femmes-hommes et les droits des femmes. Sans doute n’est-il pas toujours évident pour les hommes de dénoncer — ou d’entendre dénoncer — le patriarcat, la domination masculine, les inégalités, les violences de genre…Et les sensibilisations à l’égalité femmes-hommes qui traitent quai exclusivement « des femmes » n’aident pas à renverser cette tendance. (…) l’ambition de cette brochure est double : expliquer les enjeux de genre ) partir de la construction sociale des masculinités et mettre en valeur les initiatives prises par des hommes pou des organisations en faveur d’une redéfinition du « masculin » favorable à l’émancipation des hommes, à l’égalité femmes-hommes et aux droits humains en général.Si nous abordons la construction du masculin à partir du contexte français et occidental, notre tour d’horizon est plus large…  »

Mais c’est une brochure à parcourir.

Cet article, publié dans changer les hommes, Féminisme, patriarcat, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.