Affaiblir la lutte des femmes ? Jamais !

(article incomplet – attendez la suite)

Je viens de consulter un très bon article sur la question du « sexe choisi par auto-proclamation ».  On le trouvera ici et ici. Il commence ainsi :

Dans une lettre adressée aux Nations Unies, le gouvernement britannique a récemment recommandé de cesser d’utiliser le terme « femmes enceintes » et de le remplacer par « personnes enceintes », la raison étant que le mot « femmes » pourrait s’avérer offensant puisqu’il exclut les hommes enceints. Et personne ne voudrait offenser qui que ce soit, n’est-ce pas ? Nous cessons donc d’utiliser le mot « femme », car il est jugé insuffisamment inclusif, voire discriminatoire. Or, quiconque souscrit aux principes d’inclusion s’aperçoit rapidement que ceux-ci viennent de pair avec une nouvelle définition de ce qu’est le sexe.

C’est un débat qui fait rage parmi le mouvement féministe et d’autres,  et je me sens appelé à mettre mon grain de sel, à partir du point de vue de la déconstruction du masculin.

C’est une question qui fait rage, mais c’est une question secondaire, rappelons-le. Selon une étude australienne, dont l’échantillon est massif (30.000 répondants, ce qui réduit beaucoup les marges d’erreur) parmi un public jeune (ce qui permet d’espérer une bonne représentativité des tendances d’aujourd’hui), sur les 30.930 répondants, 25.960 se sont dits des personnes héréros, 1.164 des personnes gays ou lesbiennes et 1.640 des bissexuel.les (et un nombre faible de transgenres, d’asexués et de sans réponses). Soit 83% de répondants hétéros, 5% de bi et 4% de gays ou lesbiennes. Les transgenres ne représentent que 1% de l’échantillon (mais ils sont le groupe le plus harcelé : un trans sur deux, contre une femme sur trois et un homme hétéro sur six).

Cette question du sexe « adopté » fait rage, à deux niveaux : parce que les trans-femmes (hommes ayant transitionné vers le sexe féminin) revendiquent une reconnaissance comme totalement femme, et notamment de fréquenter les WC des femmes et les vestiaires des femmes par exemple ; et surtout parce que toute personne qui s’oppose au « sexe choisi par auto-proclamation » est déclarée « transphobe » et souvent « féministe radicale excluant les trans », selon l’acronyme anglais TERF. Il est important de consulter l’article pour voir les implications concrètes de cette question : tel cet homme condamné deux fois violeur et s’affirmant femme ; ou ces sportives (tifs) ayant été célébrés comme hommes et se présentant soudain comme femme, par exemple aux poids et haltères. Et j’ai pu consulter jadis d’autres aspects du problème, tel cette femme, trans en fait, logée par une militante pour un rassemblement féministe, et s’y comportant comme un homme : aucune participation aux taches ménagères, pérorant avec un avis « autorisé » sur tout, et incapable de réparer un bouton ou de s’intéresser à la femme qui le reçoit.

Sur cette question, je voudrais dire deux choses. La situation des personnes qui se sentent en contradiction avec le sexe (ou genre) qui leur a été assigné à la naissance est certainement très perturbante personnellement, et source d’incompréhension des proches et de menace sexuelles des hommes (pour l’essentiel). Une démarche de modification du genre et/ou du sexe, tant au niveau de l’état-civil (ce que j’ai appelé la « déclaration » ou l’auto-proclamation) que de l’état physique (traitement hormonal, chirurgie, etc.) est très lourde de décision et de vécu, d’expérience de vie. Mais cela ne donne pas à ces personnes des droits supplémentaires sur les femmes et sur le milieu des femmes. Or c’est bien ce qui se passe dans la controverse évoquée : ces hommes trans-femmes exigent que les femmes acceptent toutes les conséquences de leur choix. Et cela se pose aujourd’hui au plus haut niveau : Grèce, Suéde et Norvège, Grande Bretagne et même ONU !

Selon moi, personne, et même pas les trans, ne peut affaiblir le mouvement des femmes pour leur autonomie, pour leur pouvoir reconnu (empowerment) et leur égalité. Le mouvement de libération des femmes, depuis 1970, a procuré un bénéfice immense au plan de fonctionnement de la société, pour les femmes elles-mêmes, mais aussi pour les personnes gays et les personnes lesbiennes, qui ont pu afficher leur orientation publiquement, et donc finalement pour ces personnes « en transition » dont la situation est prise à cœur en principe par tous ces groupes concernés. Et aujourd’hui, le mouvement féministe est encore le principal moteur de modification sociale sur les questions de sexualité et de genre. Sans lui, nous n’aurions rien appris, nous ne serions rien !

Je voudrais évoquer une « anecdote »(?) cruciale du mouvement féministe des années 70. Les lesbiennes se sont insérées dans le mouvement féministe et combattent âprement le positionnement des hétérosexuelles : vous luttez contre les hommes , mais vous faites des compromis avec eux en rentrant dans votre domicile de couple chaque soir ! Seule les lesbiennes ont résolu la question du statut des femmes » !  A la fin (fin 70-début 80), les hétérosexuelles, majoritaires, choississent d’exclure les lesbiennes, au nom de l’unité du mouvement. Il faudra les travaux de Monique Wittig pour mieux théoriser la place particulière des lesbiennes parmi les femmes (cfr le fameux principe « les lesbiennes ne sont pas des femmes »). Et ainsi permettre de donner aux lesbiennes une place légigtime, non clivante, non théoriquement destabilisante, au sein du mouvement féministe.

Aujourd’hui, les hommes « trans » devenant femmes doivent s’en prendre en priorité aux  hommes. Et à la masculinité.

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