Les violences contre les femmes s’invitent dans la campagne électorale en Belgique

(Je publie cet article qui doit dater du 15 mai un peu tardivement. Finalement, le thème ne s’est pas imposé plus qu’un jour ou deux dans certains médias).

Une jeune fille a disparu ce vendredi soir (3 mai) . C’était une étudiante de 23 ans, Julie Van Espen. A Anvers/Antwerpen, au nord de la Belgique. Très vite, la police a pu déterminer un suspect, elle l’a arrêté et le suspect est passé aux aveux. Le corps de la jeune fille a été retrouvé, jeté dans un canal.

Le suspect est un multirécidiviste du viol. Condamné une première fois, il a profité d’un congé pénitentiaire d’un jour, pour s’absenter une semaine, puis trois mois pour un congé d’une semaine « probatoire » (dans le but d’assurer sa réintégration). Finalement, au vu de trois manquements dans les retours imposés, il a purgé sa peine sans libération avancée. Peu après sa sortie de prison, il a été à nouveau condamné pour viol. Mais le juge n’a pas requis son emprisonnement immédiat ! Comme il a interjeté appel, on l’a donc laissé en liberté jusqu’à nouveau jugement. C’est dans ce laps de temps de plusieurs mois en 2019-2020 qu’il a profité de sa liberté pour commettre l’assassinat de l’étudiante avec viol.

Ce dimanche, une deuxième manifestation a eu lieu après celle de dimanche passé. 15.000 personnes se sont regroupées et ont dénoncé les violences faites aux femmes.

« Nous espérons que cette marche sera un signal clair au politique de ne plus ignorer les violences sexuelles », a déclaré l’une des trois amies organisatrices de la marche silencieuse. Le défilé a duré plus d’une heure.

Cet événement a créé un grand émoi. On parle d’une « Marche Blanche », expression utilisée à l’époque des agressions d’enfants par Marc Dutroux et ses associés (1994), ce qui avait provoqué une manifestation de 400.000 personnes, et l’émanation de « comités blancs » luttant contre l’indifférence des médias, les négligences de la police et les lourdeurs de la justice.

Il est étonnant et remarquable de voir les médias s’impliquer dans ce mouvement émotionnel. Alors qu’ils font un grand effort d’analyse et de pédagogie pour que les citoyens s’intéressent aux programmes & promesses des principaux partis, ils se sont sentis obligés depuis ce week-end de poser la question : « où en sont les programmes des partis à l’époque de #Me Too ? ». Même si c’est aussi l’effet d’une compétition entre journaux pour trouver un angle d’attaque intéressant, c’est d’abord l’effet de l’action de ces 15000 citoyennes&citoyens de ce dimanche qui vient changer l’agenda politique pour y rajouter cette problématique. Les médias prennent donc les devants, car ils savent que la pression du public va s’emparer du sujet.

Article inspiré d’une dépêche dans le journal Le Soir.

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