Bis repetita placent … ?

Parfois, je me répète. Mais parfois,  cela se complète. Donc cela pourrait « plaire »… En fait, commenter des réflexions construites par d’autres me permet d’avancer dans mes propres échafaudages d’idées… Il s’agit toujours de rappeler la domination masculine comme cadre contraignant pour les hommes et les femmes. Et donc l’asymétrie de situation, mais aussi les contraintes vécues par les hommes. Sans que cela leur donne aucune « excuse » de comparaison avec le vécu des femmes.

Il y a trois jours, j’ai commenté un bon article de Egalitaria sous le titre L’amour et la violence (qu’on trouvera ici). Je réagissais à son propre commentaire sous l’article :

« Les femmes ont particulièrement bien intériorisé ce schéma, et c’est ça le plus navrant. Sur ce sujet, je pense que l’éducation est cruciale, tout comme la variété des représentations dans la culture et les médias (mais que ce soit pour l’un ou l’autre, on n’est clairement pas avancés…). « 

Et j’ai répondu :

Merci d’avoir abordé ces thèmes. On est clairement pas avancés, oui ! C’est en réaction à cette bonne résolution des mères féministes : « je vais donner d’autres injonctions à mon fils » que je me suis mis à la réflexion sur le masculin. Avec l’idée : cela ne se construit pas comme cela ! En fait les hommes sont embrigadés dans un système social (de genre) qui les contraint, les dirige, les oblige ; et le groupe d’homme assure une pression/répression insidieuse (très peu décrite) pour modéliser chaque homme selon le canon de la virilité. Cela commence pendant la grossesse avec les projets et attentes des deux parents qui s’investissent dans le modèle genré, puis par diverses épisodes qui font du mâle un digne représentant/reproducteur parfaitement autonome du système de domination. L’homme est une « »victime » » consentante et même volontaire (vu les avantages) mais mise en permanence au défi de sa virilité. On peut parler d’une souffrance (répandue) des hommes et d’une cage dorée. Mais cette posture collective se reproduit depuis des millénaires, et la modifier ne sera pas simple. La liberté/nécessité de la violence fait partie de cette posture obligée.
Rappelons que cette fabrication des genres est collective : la loi du talion entre clans et familles, les mariages arrangés sont des pratiques qui engagent la famille, la parentèle, la société. La violence (masculine) est plus contrainte, modérée, socialisée, mais pas expurgée.
Bien sûr, le modèle dit ‘de féminité’ est pire que la virilité : il est défini au profit des hommes et répété dans chaque hebdomadaire féminin actuel (Beauté Fatale, de Mona Chollet m’a ouvert les yeux la-dessus). Il est l’expression du modèle de soumission qui préside à la fabrication des femmes (On ne nait pas soumise, on le devient, de Manon Garcia explore ce thème). Elles sont aussi embrigadées et contraintes, et à leur détriment, pour être dévalorisées et mineurées. Elles peuvent donc être choquées de mon expression de l’homme « victime ». Je ne veux aucunement amoindrir la responsabilité de chaque homme. Mais je crois important de dire qu’il faut s’attaquer au système bien plus encore qu’aux individus (mais il est légitime de les poursuivre pour toute violence), et que c’est sur ce plan qu’on n’avance que très peu. On avance « en apparence » avec des buts d’égalité. Les hommes sont un peu plus conscients des injustices dont ils profitent (leur déni de leur domination et mépris est moins naturel), mais ils n’ont pas un nouveau cadre de comportement qui oriente autrement leur part de liberté, de puissance, d’autonomie. Briser les modèles de domination et de soumission (virilité et féminité) et reconstruire autre chose : il y a du boulot.

Mais j’avais le sentiment d’avoir produit un commentaire comparable peu avant, sur un autre blog, pas très féministe, voulant protéger les hommes, et j’avais donc réagi ainsi :

Je vous cite : « Depuis [Adam et Eve, les femmes ont du mal à supporter la domination de l’homme sur elle. Il faut dire que celle-ci est parfois particulièrement dure ou injuste: et oui, les hommes non plus ne sont pas parfaits! Mais là n’est pas le sujet, » Je pense, moi que c’est tout le sujet : depuis nos ancêtres singes, les mâles hominidés dominent les femelles (c’est un choix, et d’autres espèces de singes n’ont pas fait ce choix), et cette domination s’est alourdie de manière perverse et elle formate les hommes autant que les femmes. Formater ? Jadis les religions faisaient le relais, aujourd’hui la pub et les bonnes manières. D’où votre portrait de la Féminité, d’une mission de la Femme. Les hommes ont tout à gagner à écouter les critiques féministes. Et notamment à se libérer de leur complicité dans le pouvoir abusif, à être mieux responsable du quotidien et de sa charge mentale. (Vous avez tagué votre article ‘féminisme’, donc je réagis Un homme pro-féminisme.

Précédemment, j’avais réagi à un autre article de Egalitaria (décidément, je vous recommande son blog, elle fait un excellent travail), ici :

Vous vous en prenez au groupe d’hommes et vous avez raison. Mais je ressens que le problème est plus vaste. « Ce sont les hommes en tant que groupe social qui peuvent se permettre d’exiger de leurs compagnes qu’elles apportent un soin particulier à leur apparence (perdre du poids, mettre du maquillage, porter des vêtements plus « sexy »…) alors qu’eux-mêmes n’ont aucun scrupule à se négliger », écrivez-vous. Je crois qu’il faut parler d’un modèle social masculin et d’un modèle social féminin, qui comportent des contraintes (surtout pour les femmes) et des libertés (surtout pour les hommes). Les hommes subissent des contraintes qui sont entretenues par leurs pairs, par le groupe d’hommes. Le cliché de la différence d’age et de beauté est présent surtout dans les sphères de pouvoir. Mais il est vrai qu’il entretient chez les hommes l’idée que tout leur est accessible (même quand ils n’ont pas de pouvoir, s’ils trouvent une partenaire — des hommes sans pouvoir ont pu profiter de leur avantage salarial pour capter une femme de l’Europe de l’est ou d’autres continents). Il est chouette d’avoir une femme jolie au bras pour parader publiquement parmi ses compagnons, ses pairs.
Et de même je me demande si l’obligation de beauté ou féminité n’est pas une contrainte transmise aussi par les femmes, et ce miroir déformant de « la presse féminine ». Quand vous écrivez : « Pourquoi s’intéresse-t-on autant à ce qu’ils « préfèrent chez une femme », à ce qui « les excite », aux tenues qu’ils trouvent les « plus sexy pour un premier rendez-vous », à leur « type d’épilation préférée », etc ? », c’est plus un langage de magazine qu’un dialogue entre hommes ! (Je vais lire bientôt Beauté fatale, de Mona Cholet).
Bref, plutôt que « les hommes en tant que groupe social » concret, avec des individus dans l’imitation de quelques vedettes, il faut parler de « les hommes en tant que groupe social structuré par un modèle et le reproduisant par obligation, et avec des différences entre puissants et homme lambda. Dénoncer les hommes, oui, mais avec le carcan qui va avec. Faire le tour du carcan féminin, et le renverser aussi, même quand les femmes le reproduisent également.

Et hier, j’ai réagi à un autre article, qui citait notamment une phrase choquante pour moi (on peut éventuellement lire le texte ici) et j’ai donc réagi :

Monsieur, j’ai lu votre texte avec intérêt. Le fait que le principal soit dit par une femme est important pour cette écoute. Pourtant, je trouve que quelque chose ne va pas. Je cite son discours d’après vos notes :
« En réalité, tous les activistes des droits des hommes que j’ai rencontré soutiennent les droits des femmes. » Et ensuite : « Depuis, je ne me qualifie plus de féministe ».
Je pense qu’il est important effectivement de travailler sur la fabrication des hommes. Et la part de souffrance qu’elle comporte (j’ai abordé en partie cela dans mon blog). Mais il reste deux principes : la relations entre femmes et hommes est encadrée par le système de domination masculine qui contraint les hommes (à dominer) et les femmes (à être soumises) ; et il y a une violence masculine non suffisamment encadrée ou limitée, tant entre mâles que vis-à-vis des femelles (par comparaison à tant d’autres espèces de mammifères). De ce fait la violence subie par les hommes n’a pas de comparaison avec la contrainte violente vécue par les femmes. Le chiffre donné pour les USA me surprend. Sur mon blog il y a des chiffres australiens sur un échantillon de 300.000 étudiants, ce qui est très costaud statistiquement.
(Le fait que les hommes se suicident, cela parle de leur souffrance ; mais ne permet aucune comparaison avec l’injustice subie par les femmes.)
Bien des activistes des droits des mâles ne prennent aucunement au sérieux les droits des femmes. Ils estiment qu’il y a égalité (de souffrance) là il n’y en a pas. Les hommes sont dans le déni de leur domination, ils ne la voient et la ressentent pas. Ils exagèrent les contraintes qu’ils subissent. Ainsi des pères sur les grues pour leur droit de visite et la réponse de la Ministre vers 2015 : la plupart des jugements accordent aux parents ce qu’ils ont demandé (cad garde à la mère ou garde partagée, parfois garde au père) et dans de rares cas (2 ou 3%), contre la demande du père : mais il faut alors voir si le père n’a pas quelque chose à se reprocher qui dévalorise ses droits. Et ces pères sont portés par un milieu de masculinistes « rabiques » qui ne reconnaissent aux femmes aucun droit.

 

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